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Capia et Maxime Fontaine présentent la BD Lona la hideuse !

Lona évolue dans un monde peuplé de grises créatures à tentacules, qui la considèrent comme difforme ! Découvrez la BD Lona la hideuse avec ses auteurs...

Lona la hideuse

D'où vient votre passion pour le dessin et avez-vous suivi un cursus particulier ?
Capia : Vers l’âge de 4 ans, j’ai connu un grand bouleversement dans la force : j’ai découvert le crayon et le papier.
Blague à part, j’ai toujours dessiné, c’était mon passe-temps, mon exutoire, l’astuce ultime pour que mes parents aient la paix pendant plusieurs heures et surtout, mon moyen le plus complet de m’exprimer et m’épanouir.
Une passion que j’ai poursuivi aux instituts Saint-Luc à Liège (Belgique) pendant mes études secondaires et supérieures en section « bande dessinée ».
Des études qui m’ont aidé à me remettre en question (parfois un peu trop ^^) et à me perfectionner, même si j’ai encore énormément à apprendre et que je suis encore loin de mes objectifs…

Pouvez-vous nous présenter votre BD Lona la hideuse ! et nous résumer brièvement l'histoire ?
Maxime : Lona la Hideuse, c’est un peu un « Elephantman » à l’envers. Dans un monde steampunk peuplé de créature étrange, les sloggaïdes, Lona, seule humaine et qui ignore ses origines, passe pour une créature difforme aux yeux de tous. Elle a trouvé refuge au cœur du « Monster Show », repère de phénomènes de foire au grand coeur. Un jour, elle pense découvrir qu’elle n’est pas unique. Mais les apparences sont trompeuses.
Lona la Hideuse est un manifeste pour la tolérance, et une mise en perspective du regard des autres. Mais il y a surtout beaucoup d’humour, et beaucoup d’action !
Capia : Tout est dit !

Peut-on en savoir plus sur les traits du personnage principal : Lona ? Qu'est ce qui la caractérise ?
Maxime : Lona est drôle, énergique, très soupe au lait. Elle s’énerve pour un rien, et joue facilement des poings. Bien dans sa peau malgré sa différence, elle cherche à prouver à un monde généralement hostile qu’elle n’est pas si « monstrueuse » que ça !
Capia : Et puis cette crinière… Ca va en faire, des peignes dépressifs !

Si Lona a des poings raveurs, c'est comme une super-héroïne... ? C'est important pour vous que cette place soit occupée par une femme ?
Maxime : elle n’a pas vraiment de super pouvoirs, Oui, elle sait jouer des poings… mais son arme principale, c’est justement son humanité !
Personnellement, j’aime beaucoup les héroïnes ! Il y en a toujours trop peu. Et je suis ravi que ce soit une dessinatrice, et une dessinatrice aussi talentueuse que Capia, qui donne vie à Lona !
Capia : Comme l’a dit Maxime, on ne peut pas la considérer comme une super-héroïne, mais juste comme une créature cherchant sa place dans un monde plutôt hostile face à sa différence. Je la vois plus agir comme un animal qui se défend lorsqu’on la blesse, comportement parfois un peu primaire, mais fidèle à sa nature. Après tout, elle n’est qu’un « monstre », autant ajouter un peu de piment à la valeur qu’on lui accorde ! ;)
J’ai toujours préféré dessiner les femmes, surtout un peu rondes physiquement et sûres d’elles. Avec un personnage fort comme Lona, indépendante et combative, je ne pouvais que craquer ! Elle me fait un poil penser à Navis, de la BD Sillage ( une série que je vénère !).
Elle n’est pas une poupée « pinup » sexualisée et je ne compte pas lui donner ce rôle dans mes dessins, même si je vais certainement bien m’amuser dans les tenues qu’elle portera (je veux dire par là qu’elle ne tortillera pas du fion et qu’on aura pas de gros plan nichons-fesses pour parvenir à nos fins. ^^). Ce qui est amusant aussi dans cette histoire, c’est le paradoxe offert par Lona, qui pour l’œil humain est plutôt agréable à regarder, mais qui est un vrai laideron difforme pour les sloggaïdes. Ca aurait eu moins d’impact à mon sens si Maxime avait opté pour un personnage masculin, mais ça ne m’aurait pas dérangé outre mesure !

Qu'est ce qui vous plait dans les différentes créatures qui accompagnent Lona et qui sont plus hideuses qu'elle ;) ?
Maxime : Dessiner des monstres à longueur de pages… Je me demande ce que tu en penses Capia, tiens !... M’enfin, il y en a de plus charmeurs que d’autres. Panzoël, le Monsieur Loyal du Monster Show, possède un certain charisme, par exemple !... Fin bretteur, beau parleur, dragueur invétéré… C’est le meilleur ami de Lona, et un personnage haut en couleurs !... Et puis, il y a Gamoon, la mascotte plutôt mignonne, au caractère bien trempé, aux pouvoirs explosifs… Et tous les autres !
Capia : Bah tu sais bien ! Ce que j’aime le plus après le dessin de femmes, c’est le dessin de monstres (bon, ici, ils sont plus « softs » et mignons que ce que je fais d’habitude… :p ) ! En
plus, il faut leur donner un côté civilisé, la grande classe !
L’avantage (ou l’inconvénient ^^ ) des sloggaïdes, c’est qu’ils n’ont pas de design prédéfini, on peut en avoir de toutes les tailles et de toutes les formes ! Les seules règles : pas de pilosité, pas de vertèbres, des tentacules, des neuneuils, des nuances de bleu et du fun ! Sans oublier le côté steampunk qui représente un challenge divinement complexe. Le diable est dans les détails, et j’adore le détail, c’est mon côté maso… (J’en pleure parfois. ^^ ). Bref, l’étape « recherches graphiques » est et sera très fournie tout au long de la réalisation !

Les dessins sont de grande qualité. Comment les travaillez-vous et quels choix faites-vous pour respecter le choix du format BD de 48 pages ?
Capia : A dire vrai, je ne pense pas que le nombre de pages sera respecté (mouarf ! , on pense déjà à en faire un peu plus ^^ (le découpage dessiné est toujours en court d’amélioration !). Je suis une fanatique des gros tomes, mais on ne va pas pousser le vice trop loin, j’ai des délais à respecter et mon côté ponctuel à améliorer ! ;)
Merci beaucoup pour votre commentaire sur mes dessins ! Pour les planches, je travaille généralement sur de l’A3, je réalise un crayonné bleu suivi d’une mise au net au crayon (je travaille rarement à l’encre). Une fois ce crayonné terminé, j’en réalise une impression de qualité sur feuille aquarelle (plus grande que du A3), et je me lance alors dans la mise en couleurs rehaussée de quelques traits au feutre !
Il y a donc en réalité deux « originaux » pour une seule planche : un original « trait » et un original « couleur ».
Une fois la planche terminée, je la passe au scanner et je l’adapte aux bonnes proportions pour l’impression via Photoshop, l’étape qui selon moi est certainement la plus frustrante. Tous ceux qui travaillent en couleurs directes doivent certainement connaître la difficulté d’avoir un rendu scanné au plus proche de l’original, un vrai casse-tête…

Est-ce que dessiner à la main en évitant l'ordinateur n'améliore-il pas la qualité, malgré toutes les corrections possibles avec un logiciel ?
Capia : Alors là, c’est un avis purement personnel… Mais oui, je trouve qu’un dessinateur traditionnel gagnera plus d’assurance et de rigueur dans son trait et son dessin qu’un dessinateur numérique. J’aurais pu également parler de la personnalité apportée au trait et au dessin que je ne trouve que rarement dans le dessin numérique, mais on m’a prouvé le contraire récemment, et seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.
Toujours est-il qu’on peut imiter tout ce qu’on veut à l’ordi, du crayon, de l’aquarelle, ça n’aura jamais pour moi le même cachet qu’un dessin traditionnel. De plus, se forcer à dessiner sans « tricher » (désolée si ce terme choque…), sans avoir le pouvoir ultime du ctrl+z ou d’ajuster une tête sur un corps ou la position d’un bras, c’est un gain de temps indiscutable et ça force le cerveau à repérer et éviter plus facilement les erreurs, ça développe également le trait.
Mon opinion est certainement motivée par l’apprentissage du croquis reçu à Saint-Luc, durant lequel nous faisions du dessin à la minute, sans lever le crayon de la feuille et sans possibilité de pouvoir gommer. (Merci Pascale !).
Toujours d’un point de vue personnel, je ne suis pas fan de l’ordinateur, je n’ai jamais aimé ça. Je me suis pourtant forcée à tester, mais c’est une toute autre maîtrise, je ne suis pas à l’aise et je pense tout simplement que ce n’est pas fait pour moi.

Vous travaillez avec Maxime sur Lona la hideuse. En quoi vous aide-il et comment se passent vos échanges ?
Maxime : C’est infernal, elle m’envoie des messages à toute heure du jour et de la nuit, m’empêche d’avancer sur l’écriture de mes romans, m’assaille de jeux de mots douteux, au secouuuurs !!! (rires) Non, sans plaisanter, c’est un réel plaisir de travailler avec Capia, enthousiaste, drôle, douée… Que demander de plus ?? En fait, très simplement, je lui présente les personnages grâce à de petits croquis, puis elle améliore leur design. Ensuite, je lui envoie le storyboard très détaillé, les dialogues. Capia me fait ensuite des suggestions sur la mise en place, apporte sa magie personnelle… et chaque fois, je suis bluffé ! C’est tellement mieux que ce que j’avais imaginé, j’adore ! Comme elle habite en Belgique, et moi en France, tout se passe à distance. Comme beaucoup de collaborations scénariste/ dessinateur, en fait…
Capia : Rooooh, comment qu’il est gentil aujourd’hui ! (Muhuhu…). C’est vrai que j’ai tendance à parfois apporter de légère modifications, sans pour autant dénaturer la vision de Maxime (enfin, je crois ! :p ). Le but est aussi de s’éloigner un tantinet de ce qui fut fait initialement avec le précédent dessinateur (pour rappel, ce projet a déjà eu une première identité graphique, mais qui fut avortée avant terme). Je ne me contente pas de « refaire » ce qui fut fait, je cherche à apporter de la personnalité, dans le fond comme dans la forme.
Je ne peux également que remercier Maxime pour sa patience intersidérale, car cette BD aurait pu voir le jour plus vite, cela fait deux ans qu’on en parle et qu’on y travaille… J’avais des priorités non négociables, et dans un calme olympien et une bassine de sueur, il a pris sur lui et a tenu jusqu’au moment où j’étais enfin libre de me concentrer sur ce projet ! ^^
En plus d’être un excellent collabo (non, pas ceux-là...), il est très professionnel, compréhensif et aussi combatif que son propre personnage ! Que demander de plus ?

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ? En quoi va-il vous aider ?
Maxime : En ce qui me concerne, je suis plutôt habitué aux grands circuits de distributions, mais c’est plutôt rafraîchissant, de jouer la carte de l’auto-édition. C’est une expérience intéressante à vivre. Il y a beaucoup, beaucoup à faire, mais en même temps, on se sent assez libres !...
Capia : Comme le dit Maxime, l’auto-édition, c’est la liberté ! Il y a des contraintes, du boulot en plus, c’est une prise en charge globale de chaque étape d’une bande dessinée (dessins, corrections, impression, publicité, distribution, etc.), mais c’est tellement plus valorisant d’assumer complètement son travail. La seule chose qui manquait encore étaient les finances, c’est pourquoi nous avons fait le choix de ce mode de financement.
Je suis indépendante (freelance) depuis 2 ans maintenant, et j’y trouve parfaitement mon compte. De plus, le crowdfunding permet de toucher directement les acteurs importants d’un projet de bande dessinée : les lecteurs, actuels et futurs. Ce sont eux les plus concernés à mon sens, les plus à même de placer leur confiance dans une BD, un livre, un événement… Si on arrive à intéresser les acheteurs, on a déjà tout gagné ! Beaucoup de gens ont eu foi en mon travail d’illustratrice et ont suivi son évolution depuis des années, la moindre chose à faire pour les remercier, c’est que je leur accorde à mon tour ma confiance, ils sauront me montrer si l’un de mes projets mérite d’exister à leurs yeux ou non ! ^^

Heureuse du succès du crowdfounding qui a très bien démarré ?
Capia : Heureuse, comblée, surexcitée, nerveuse, surprise… Biffez les mentions inutiles ou au contraire, ajoutez des synonymes !
Même si je sais qu’il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre les objectifs fixés et débloquer un maximum de paliers, je ne m’attendais pas à un tel départ et c’est très engageant pour la suite !
Je tiens encore à remercier vivement toutes celles et ceux qui ont soutenu le projet jusque maintenant, ainsi que ceux qui arriveront en cours de campagne pour porter loin ce projet ! Bisous chocolatés et reconnaissance sucrée !! ^^
Maxime : moi, tout ce que j’espère, c’est qu’on n’atteindra pas les 400% !

Vous pouvez soutenir la BD Lona la hideuse ! sur Ulule.

 

Etes-vous contente d'avoir le soutien d'un festival BD comme "De Bulles en Bulles" et d'avoir ainsi la reconnaissance de professionnels ? Réfléchissez-vous déjà à assister à de nouvelles éditions de festivals ?
Capia : Bien sûr que oui, ce furent mon plus grand bonheur et ma plus belle réussite personnelle à ce jour, réussir à me faire ne fut-ce qu’une toute petite place dans le monde des artistes et de la BD/illustration.
Voilà 10 ans que je me présente dans divers salons et festivals, et jusque maintenant, ça reste un pur plaisir : je sors de chez moi, je retrouve des colpotes qui dépotent, des organisateurs qui sont maintenant de bons amis et des fans, je dédicace ou réalise des commissions… Je suis dans mon élément ! En plus, je me reconnecte avec la société le temps d’un weekend, il parait que c’est vital pour ne pas finir en Gollum…
Peut-être que j’en ferai un peu moins, j’aurais besoin de temps à consacrer aux planches à réaliser… Mais continuer les festivals, tant qu’on voudra de moi, je ne vais pas m’en priver ! ^^

Vous avez dit ne pas vouloir dépendre d'un éditeur pour sortir votre BD. Pourquoi ?
Capia : Le monde de l’édition dite « classique » est très complexe… Et à mon sens, injuste pour la plupart des dessinateurs. Si je dois m’étendre sur le sujet, ça couvrirait quelques pages… Disons donc pour résumer que d’une part, je n’ai jamais réussi à intéresser un éditeur de BD, et que d’autre part, l’expérience subie par de nombreux collègues ne me donne pas vraiment envie de retenter le coup.
Les solutions alternatives (auto-éditions, crowdfunding, etc.) ne sont pas nées par hasard, le métier doit de toute urgence évoluer, pour tous les acteurs qui le représentent. Abattre un tel travail pour finalement ne rien gagner, à part peut-être de la frustration et du mépris… Je n’étais pas prête à courir ce risque, je dois pouvoir manger et payer mes factures comme tout
le monde.
Le métier d’artiste est déjà suffisamment difficile au quotidien… Mais génial quand même hein, je vous rassure. (J’aime tellement les paradoxes… ^^)

 Une petite indiscrétion à nous donner sur la BD Lona la hideuse ! ?
Maxime : en cas de gros succès, j’ai de quoi écrire une bonne dizaine de tomes ! J’aime bien voir à long terme, donc tout est déjà scénarisé. On ne sait jamais comment vont marcher les projets. On verra bien…

Il parait que vous êtes fan de chocolat ; aura-on l'occasion de découvrir cela dans Lona la hideuse ?
Maxime : pour moi, chocolat au lait fourré praliné, sinon rien ! (rires)
Capia : Pitêtre bien que ouiiiiiiii… ^^ (Tsss, petit joueur, Maxime !)

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Maxime : encore une fois, s’il vous plait, soyez raisonnables : il n’est pas question d’atteindre les 400% de financement… 399%, ce sera parfait !
Capia : Merci de nous avoir permis de nous exprimer sur notre projet ! Merci encore à tout ceux qui nous suivrons dans cette belle aventure (merde, va falloir que je bosse…) et surtout… Ne vous fiez pas à la pudeur de Maxime, je suis certaine qu’il a déjà prévu un petit string léopard tout en stretch ! Ne le faites pas languir ! :D

Merci à Capia et Maxime d'avoir répondu à nos questions !
Retrouvez les sur Facebook : Capia ; Maxime.

A propos de la BD Lona la hideuse !...

La pétillante Lona est un joli brin de femme. Malheureusement pour elle, la demoiselle évolue dans un monde peuplé de grises créatures à tentacules, qui la considèrent comme difforme !
Elle se présente d'ailleurs volontairement comme la créature vedette d'un "Monster Show", effrayant avec succès les spectateurs avides de bizarreries ! Comme quoi, tout est une question de point de vue… Et faut bien gagner sa vie, ma bonne dame !
Pour survivre et trouver sa place dans ce monde qui la déteste, Lona ne possède comme armes que son indéfectible dynamisme… Et ses poings ravageurs !
Un jour, elle croise par hasard un autre être humain…

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