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Camille Devillers présente l'album Comme un seul homme

La chanteuse Camille Devillers travaille beaucoup. Alors qu'elle a sorti l'année dernière son 3ème album qu'elle présente en interview, l'artiste est actuellement sur d'autres projets...

Cover Comme un seul homme de Camille Devillers

- Comment décririez-vous votre univers ?
Mon univers s’inscrit dans celui de la Chanson française. Entre folk et classique, mon style musical donne une place essentielle à la voix et à la mélodie. A travers mes textes, je creuse ce qu’on pourrait appeler une veine existentielle et poétique.

- Avoir une voix qui transmet les émotions comme la vôtre, est-ce important ? Cela nécessite-il un travail particulier ?
Je vous remercie pour ce beau compliment. On reçoit une voix, avec son caractère, ses couleurs. Ensuite, comme n’importe quel instrument, la voix se travaille. Le travail technique est un travail quotidien. Embellir, enrichir le timbre de sa voix, cela prend des années.

- Pouvez-vous nous parler de votre album intitulé Comme un seul homme ?
Il s’agit de mon 3ème album, sur lequel j’ai beaucoup travaillé. J’en suis très fière, il représente un tournant artistique pour moi. Mon style a évolué, s’est enrichi, notamment dans l’écriture des arrangements. Ces dix nouvelles chansons portent sur des thèmes à la fois très personnels et universels : quête d’identité, amour, petite enfance, nuit de l’âme, Résistance…

- C'est aussi un hommage à la résistance, pourquoi ce choix ?
Passionnée par l’Histoire de la 2nde Guerre Mondiale, je considère que les questions de conscience posées par l’Occupation allemande (Résistance, collaboration, neutralité) sont des questions atemporelles, qui peuvent se poser à l’échelle de nos existences. Je souhaitais depuis longtemps écrire une chanson en hommage à ces femmes et à ces hommes, souvent très jeunes, qui n’ont pas hésité à s’engager et à risquer leur vie au nom de leur foi en la liberté. Sans cesse, je me pose la question : et moi, qu’aurais-je fait ?

- Peut-on en savoir plus sur le titre Celui qui moissonne ?
C’est aussi un hommage… à ce que j’appellerais la belle virilité ! Une déclaration d’amour à ces hommes que j’aime et qui m’ont permis d’avancer à différents moments de mon existence ou qui ne sont jamais loin. Ceux que j’appelle les discrets, les artisans, qui relèvent ce qui est à terre, qui donnent confiance, tout simplement. Sans tous ces hommes que je vois défiler en pensée lorsque j’interprète cette chanson, je ne serais pas ce que je suis.

L'album Comme un seul homme de Camille Devillers est disponible sur iTunes.

 

- Pensez-vous que les artistes à textes, comme vous, sont insuffisamment médiatisés ?
Certes ! Le jetable, le « vite consommé » passe avant tout, et c’est une grande tristesse pour moi de voir combien la belle ouvrage (comme on disait autrefois) est recalée par les medias, alors que le public n’attend que cela ! Les gens ont soif de sens ! Lorsqu’à la fin d’un concert, on m’attend pour me dire : « C’était magnifique ! Comment se fait-il qu’on ne vous connaisse pas plus ?!! », je suis confortée dans l’idée que mes chansons touchent vraiment le public.

- Vous travaillez sur un nouveau texte : Pour ma ville, qui rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Peut-on en savoir plus ?
Le clip Pour ma ville vient de sortir (le 30 mai). Après la tragédie du 13 novembre, comme tous les Parisiens, comme tous les Français, j’étais en état de choc. D’ailleurs, le lendemain, 14 novembre, lors du concert au Kibélé (non loin des lieux du drame) que j’ai choisi de maintenir, il n’a pas été facile de chanter. Après un tel événement, à chacun sa manière de réagir. Après avoir publié une lettre ouverte, j’ai mis de côté les morceaux que j’étais en train d’écrire et spontanément, j’ai commencé à composer Pour ma ville. L’écriture du texte a été très longue. Je me trouvais sur un fil… Ce n’est pas une chanson triste, c’est un hommage, oui, mais c’est aussi une déclaration d’amour à ma ville, une invitation au courage, et au rassemblement. C’est une chanson très fédératrice. Voilà pourquoi vous voyez tous ces visages dans le clip, des visages solennels puis des sourires et des gestes d’affection qui disent combien notre désir de vivre ensemble doit remporter toutes les batailles.

- La résistance, les attentats... Ce sont des chansons assez tragiques que vous signez. Comment abordez-vous cet aspect ?
La chanson s’est toujours emparée des sujets les plus graves. Même les chansons pour enfants !  Ce qui compte, c’est l’angle de vue, et l’état d’esprit dans lequel vous abordez un sujet. Dans ces deux chansons, il est question d’hommage, donc de mise en lumière : la Résistance, le courage, et notre art de vivre, cette liberté qui est la nôtre et que nous aimons tant. Je cherche toujours l’angle qui me permettra de dire les choses sans les contourner, mais avec douceur et respect, avec une certaine pudeur aussi. Ces deux chansons sont en même temps des appels : appel à ne pas nous laisser envahir par la peur, invitation au rassemblement, à tenir debout. J’écris ce que je souhaite entendre moi-même.

- Quel va être la suite de vos évènements artistiques ?
Je travaille sur deux nouveaux albums en même temps. Comme je fais tout (ou presque) moi-même : textes, musique, arrangements, prise de son, que je joue désormais la plupart des instruments sur mes morceaux (comme dans Pour ma ville), c’est un travail titanesque…

- Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Si je pouvais, je m’adresserais à tous ces journalistes frileux qui nous barrent la route, sans même nous entendre : laissez-nous passer ! Le public est là, j’ai quelque chose à lui chanter…

Merci à Camille Devillers d'avoir répondu à nos questions !
Retrouvez la également sur Facebook.

Camille Devillers - Clip inédit « Pour ma ville »

Musique interview

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Commentaires (1)

dragon29100
  • 1. dragon29100 | vendredi, 03 juin 2016
MAGNIFIQUE TEXTE

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