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Bientôt un clip pour Take the money and run de Trank

Le groupe de rock Trank est actuellement en train de terminer le financement participatif du clip de Take the money and run. L'occasion d'en savoir un peu plus avec eux dans cette interview.

Trank

Pouvez-vous nous présenter le groupe Trank et son style musical ?
“Pas du métal, mais presque :)”. On a beaucoup utilisé la pirouette en question pour donner aux gens une idée de ce à quoi ils pouvaient s’attendre.
L’idée était de jouer un rock assez puissant et cathartique pour soulever la foule en concert, mais sans tomber dans les clichés du métal, qu’il s’agisse des textes ou du style mélodique. Tous les membres du groupe sont des passionnés de musique aux goûts hyper éclectiques, mais si on commence par nos influences, qui reviennent le plus souvent dans les discussions au studio de répétition sont sans doute d’un côté les pionniers du néo-metal des 90’s / early 00’s comme Deftones, Rage ou System of A Down, et de l’autre côté, Radiohead pour le sens mélodique et les atmosphères un peu complexes et angoissées.
Du coup, c’est un peu ça, que Trank s’efforce de faire : ce que Radiohead feraient s’ils aimaient le métal :). Le tout avec une touche du romantisme froid et expérimental de Dépêche Mode, et des textes plus proches de la tradition des singer-songwriters 

Comment vos différentes personnalités et votre amitié commune forgent le groupe ?
Outre le fait qu’on est tous des dingues d’art et de culture en général, et de musique en particulier (les répétitions tournent fréquemment au festival de geeking), on partage aussi et surtout un sens de l’humour d’une lourdeur absolument sans pareille.

Parlez nous du single Take the money and run... 
Take the money and run est sans doute la chanson la plus typique de Trank. Non seulement du point de vue de la façon dont elle sonne, mais aussi du texte, qui parle de cet éternel conflit entre les rêves qu’on brûle de réaliser, et le confort qu’on n’ose pas quitter pour le faire - qu’il s’agisse de confort matériel, d’une relation amoureuse un peu morte mais qu’on n’ose pas briser, que sais-je encore. On veut partir, mais pas sans “the money”. Et du coup on ne part que rarement. C’était d’autant plus pertinent pour nous d’explorer ce thème-là, puisqu’on est tous musiciens à temps partiel : l’état de l’industrie du disque étant ce qu’il est aujourd’hui, on serait un peu dingues de compter sur Trank pour nourrir nos familles. Mais on s’est malgré tout donné les moyens de mettre le rêve en marche, et pour un début, ça se passe plutôt pas mal.

Pourquoi faire appel aux internautes pour financer le clip sur Kisskissbankbank ?
Parce que c’était ça ou quatre divorces.

Quel serait l'argument ultime pour vous aider ?
La photo de groupe ne suffit pas ? On pensait avoir soigné les retouches, pourtant. Photoshop n’est plus ce qu’il était.
S’il faut d’autre arguments (…) : d’abord on a foi en la chanson, dont on pense vraiment qu’elle peut aller très loin si on la pousse comme il faut - ce en quoi un clip est encore plus indispensable aujourd’hui que jamais. Par ailleurs, en vrais passionnés perfectionnistes et, il faut bien le dire, un peu pénibles, on a bien l’intention d’apporter au clip autant de soin qu’on en a apporté à la composition et à la réalisation de la chanson elle-même, de l’arrangement au mastering en passant par l’enregistrement et le mixage. On veut être aussi fiers du clip que de la chanson - Et on est TRES fiers de la chanson. Qui plus est, au moins deux d’entre nous sont de vrais passionnés, non seulement de musique mais de visuels mis à son service : des noms comme Anton Corbijn, Richard Avedon, Spike Jonze, John Hillcoat, Stéphane Sednaoui veulent dire beaucoup pour nous. En vertu de quoi, budget limité ou non, on a bien l’intention que le résultat ait VRAIMENT de la gueule.

Comment imaginez-vous la réalisation du clip de Take the money & run ?
Avec beaucoup de précision : le storyboard est déjà fait. On pourrait vous donner plus de détails, mais il faudrait vous tuer après.

Vous avez décidé de confier la réalisation du clip à Jean-Baptiste Andréa, comment s'est porté votre choix ? 
D’abord parce que c’est un ami de longue date de Michel, le chanteur du groupe. Ensuite parce qu’il adore Trank et a proposé dès la première écoute de nous aider d’une façon ou d’une autre. Mais surtout parce que c’est un scénariste et réalisateur incroyablement talentueux, avec un sens du concept ultra fort et une capacité assez unique à marier la noirceur, l’émotion et l’humour. Voyez Dead End, Big Nothing, ou même La Confrérie des Larmes, un film à l’esthétique imparable, réussi malgré un budget maigrissime compte tenu de son ambition.

Vous allez assurer la promo sur les médias de Rhône Alpes. 
On va assurer la promo là où on nous la demandera. Si nos femmes sont d’accord.

Ne pensez-vous pas que les médias (notamment nationaux) sont trop segmentés et ne laissent pas suffisamment de place aux indépendants ? 
C’est assez étrange. Il y a d’un côté une culture de masse trustée par ce qui reste des majors et leur bombardements promotionnels sur les médias nationaux ou internationaux, et de l’autre un marché hyper fragmenté de blogs et autres sites archi-spécialisés qui soutiennent tel ou tel style hyper pointu - et pas grand-chose entre les deux, à l’exception de rares survivants de âge d’or de la presse rock avec laquelle les plus âgés d’entre nous ont grandi. Et puis il y a youtube et les sites de musique prescripteurs, iTunes, Spotify et autres. Entre ça et l’effondrement des ventes de disques, avec toute la paranoïa que ça implique de la part des majors et de beaucoup de gros labels - où tout le monde est beaucoup plus enthousiaste pour répéter des modèles de succès que pour aller en créer ou soutenir de nouveaux, il est sans doute beaucoup plus difficile aujourd’hui pour un nouveau groupe de percer et d’atteindre un taille critique. Il y a trois businessmen (ou ex-) parmi les membres du groupe, dont deux travaillent dans le marketing et la pub, et on sait tout ça mieux personne, mais on choisit de ne pas s’en soucier outre mesure : notre première préoccupation, c’est de créer des sons - et des images - qui touchent les gens, parce que rien ne nous a plus touchés dans nos vies que la musique. le reste est contingent à ça, et on est beaucoup plus stressés par le syndrome de la page blanche que par le paysage média.

Cet été est sorti votre EP Midlife Noises. Souhaitez-vous en dire quelques mots ? 
Il est fantastique. Ca suffit ?
Si on doit en dire plus, il présente une image assez complète du son du groupe dans sa toute première année - et on en est très fiers, mais qui dirait le contraire ? Le but de Trank, et donc de Midlife Noises est de toucher son public avec des chansons qui lui donnent envie  A LA FOIS de suivre le texte dans le livret avec une petite boule au fond de la gorge, ET de sauter comme un dingue dans la fosse pendant les concerts. Du coup, on a beaucoup bossé pour donner aux chansons le mélange d’agressivité et richesse sonore qui permet d’en faire ressentir les différents niveaux.
On a aussi mis un point d’honneur à choisir les six morceaux qui nous paraissaient donner la meilleure idée possible du genre de voyage que Trank veut proposer à ses fans. Refugee, l’instrumental qui ouvre le bal, est assez fouillé et technologique dans la façon dont il habille la mélodie de guitare - on est un peu parti de certains morceaux du Pink Floyd de la fin des années 80 ; Take the Money and Run puis Ever so Bright, qui s’enchaînent juste après, sont des morceaux beaucoup plus agressifs dans la façon dont ils expriment la frustration des personnages dont parlent les textes, face à leurs propres contradictions - où celles de leurs proches ; Off the Bone est une ballade assez orchestrée - elle a beau parler du sujet assez cruel des trahisons petites et grandes qu’on finit toujours par infliger à ses proches, elle le fait sur un mode assez romantique, tandis que Accidents (qui regrette la routine dans laquelle on sombre souvent après les folles années de la vingtaine) est assez furieuse dans une veine assez metal-punk, et que Illustrated Girl est quelque part entre les deux.
Pour finir, on a passé beaucoup de temps à peaufiner les morceaux et leurs arrangements jusqu’à pouvoir les jouer dans notre sommeil avant d’aller en studio. On ne s’en rend peut-être pas compte à la première écoute parce que le niveau de fureur générale est assez élevé (à deux morceaux près), mais on est tous des perfectionnistes maniaques. Du coup, outre le peaufinage des chansons elles-mêmes, on a aussi accordé un maximum d’attention à l’enregistrement, puis au mixage. C’est Yvan Barone, un ingé son hyper talentueux, et aussi un ami de longue date de Michel, qui a supervisé les sessions et mixé l’ensemble; on a enregistré au studio des Forces Motrices, où l’excellent David Weber nous a accueillis, parce que le choix de micros pour les prises de batteries était excellent, et surtout à cause de la fantastique console Neve par lesquelles passent les pistes avant de finir sur disque dur - la même marque que la fameuse console des Studios Sound City, qu’on voit dans le documentaire de Dave Grohl, et qui donne à l’ensemble un grain et une chaleur assez bluffants. Et puis, pour le mastering, on a fait appel à Andy VanDette, qui a masterisé entre autres l’un de nos albums favoris de Porcupine Tree - un groupe passé maître dans l’art de sortir des albums prog-métal à la fois très puissants et très finement ciselés. On y revient…
Au final, cela dit, on approche tout le truc avec passion mais aussi humilité : on a beaucoup de modèles et d’influences mais on n’a aucunement la prétention de se croire aussi bons qu’eux - même si quelquefois les gens autour de nous regardent notre crise de la quarantaine en roulant un peu des yeux. C’est d’ailleurs à ça que fait référence le titre de l’EP : Midlife Noises, c’est à deux lettres seulement de “Midlife crises…"

Une anecdote croustillante à nous donner sur le groupe ? 
A donner, non. A vendre, ça se discute.

Quel va être la suite de vos projets artistiques ? Un album, des concerts ? 
La composition du second EP est en cours : d’ici là, autant de concerts que nous le permettent nos vies déjà chargées, pour défendre nos chansons sur scène et commencer à se former une vraie fan base. On essaie délibérément de ne pas penser au-delà, même si a priori, on approche tous le projet dans la même optique - créer un “body of work” dont on sera fiers dans une dizaine d’années, et dont les chansons auront touchés autant de gens que possible, aussi profondément que possible.

Pourquoi communiquez-vous essentiellement en anglais sur Facebook ? 
Parce que l’anglais est la langue du rock, que beaucoup des gens qui nous suivent sur FB font partie de la communauté d’expats’ qui vivent à Genève et autour (dont beaucoup sont nos amis et collègues de travail anciens ou présents), et que de façon générale, on arrive à faire plus court en anglais qu’en français. Ah, et on est aussi d’énormes snobs. (enfin, au moins l’un d’entre nous).

Parlez nous de votre relation avec le photographe Gabit Irit qui vous a aidé dans votre chartre graphique... 
C’est Johann, le batteur du groupe, qui connaissait Gabi. Lequel Gabi est une vraie star de la photo dans sa Roumanie natale, qui fait régulièrement les couvertures de Elle ou Vogue là-bas, et dont le travail hors “mode” fait aussi l’objet d’expos régulières. Il est arrivé à Genève pour accompagner son amie qui est venue y travailler, et personne ne le connaissait. Johann lui a fait écouter les chansons du groupe, alors sous forme de démos : il les a adorées, et a instantanément proposé de travailler avec nous. Il y avait sur son site une série titrée “Rust and concrete” (“Rouille et béton”), de magnifiques photos de sites industriels roumains tombés en ruine à la chute du régime communiste : le groupe en était très fan, et Gabi a sélectionné l’image utilisée sur la pochette du 6-titres dans les archives cachées de la série. C’est une image magnifique, mais surtout elle illustre les chanson à la perfection : un côté puissant, angulaire, presque industriel - et puis ce truc un peu déstabilisant, qui fait qu’on n’est pas très certain de savoir sous quel angle la regarder - pour finir par se rendre compte qu’il y a plein d’angles possibles; on aime beaucoup revendiquer cette ambiguïté comme faisant partie de l’existence, et c’est ce que font pas mal de nos chansons. 
Gabi a aussi pris la photo du groupe - on l’aime tellement qu’on ne l’a pas encore changée, alors que Max, notre premier bassiste, a dû nous quitter - et on attend que Gabi repasse dans le coin pour tirer le portrait de David, son excellent successeur :). (ce qui fait sans doute de nous des gens atrocement superficiels).

Votre groupe dépasse donc les frontières, pensez-vous que la culture peut vraiement rassembler les gens dans ces temps difficiles ? 
Il n’y a plus guère que ça qui le puisse. On n’en ferait pas forcément un thème de chansons : on n’est pas vraiment un groupe de commentaire social, même si “Refugee” utilise des samples de reportages radio sur les boat people de 1977 - et les réfugiés syriens de 2015. Mais oui, il y a une forme de communion qui se produit entre un groupe et son public, et au sein du public, quand un concert marche comme il le doit, et qui transcende absolument toutes les lignes de fracture. Dave Gahan de Dépéche Mode en parle régulièrement, et il a raison (sur ça comme sur beaucoup de choses :)).

Je crois que vous avez participé à un casting du Crédit Agricole, c'est peu courant de parler musique avec une banque. Souhaitez-vous en parler ? 
Alors pour être complètement honnêtes, on n’était pas forcément tous très chauds pour participer au dit casting : à part postuler, on n’a d’ailleurs rien fait. Du coup, il n’y a pas grand-chose à en dire, et une discussion sur le sujet des banques pourrait emmener l’auteur de ces lignes beaucoup trop loin :).

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Trank, ça fait du bien là où ça fait mal.
Et merci.

Merci au groupe Trqnk d'avoir répondu à cette interview !
Retrouvez le également sur Facebook.

A propos du groupe de rock Trank

Trank est un groupe de Rock formé en 2015 autour de Michel (chant), Julien (guitare), David (basse) et Johann (batterie) - chacun ayant entre 10 et 20 ans d'expérience au sein de divers groupes amateurs ou semi-professionnels. Trank, c'est l'histoire d'une amitié scellée autour de la même passion exigeante pour la musique, passion qui a longuement mûri avant de s'exprimer à quatre.

Les 4 membres du groupe approchent leurs chansons avec énergie et spontanéité - mais aussi avec l'éthique jusqu'au-boutiste de vrais artisans : rien ne sort de la salle de répétition avant d'être forgé jusqu'à la perfection.

Au printemps 2016, après l'enregistrement de l'EP, Max (basse) a saisi une opportunité professionnelle qu'il ne pouvait pas refuser, lui permettant de devenir chef d'entreprise. Ses nouvelles responsabilités ne lui permettant plus de s'impliquer autant qu'il le voulait dans Trank, il a pris la décision difficile de quitter le groupe.
Trank est donc parti à la recherche de la perle rare qui pourrait remplacer Maxime - et par chance l'a trouvée ! David a donc rejoint les rangs du groupe et contribue déjà à la composition du prochain EP.

Trank, c'est aussi de formidables démonstrations d'amitié : en écoutant notre musique, plusieurs amis et grands professionnels ont accepté de mettre leur talent à contribution pour construire le plus bel écrin possible pour leurs chansons.

Maxime Lopes sur Google+

Musique interview

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Commentaires (1)

John
  • 1. John | vendredi, 14 Octobre 2016
Merci a Maxime Lopes pour cette interview, ca donne envie de decouvrir Trank !

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