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Balmino : l'album Contresens

Nourri par 10 années de Khaban’ ponctuées par 3 albums, plus de 300 concerts dans toute la francophonie et de nombreux prix (Vainqueur des découvertes d’Alors Chante à Montauban, Prix de l’Académie Charles Cros…) d’une première expérience en duo sous son nom et de 2 ans au sein du groupe très rock BROC, auteur reconnu qui a notamment écrit pour Olivia Ruiz, Balmino revient en 2017 avec un nouvel album de chansons inédites ContreSens entièrement enregistré live à 5 musiciens : Stéphane Balmino (chant, guitare) - David Suissa (guitare) - Raphaël Vallade (contrebasse/basse) - Alice Perret (violon/claviers) et Rémy Kaprielan (batterie).

Balmino

Crédit photo : Thibaut Derien

Actuellement sur scène avec la compagnie Bloc Opératoire (Mon traître et Des hommes en devenir) sous son autre casquette de comédien talentueux, Balmino proposera courant 2018 une tournée solo autour de son nouvel album Contresens, à suivre… ! 

« Je ne connaissais Balmino que par un souvenir marquant et (très) lointain : un jour, dans les années 90, j’entendis sur France Inter un morceau sublime, Manon, porté par une voix rauque et profonde, entre Tom Waits et ce que la Belgique nous a apporté de meilleur dans la chanson francophone. Je vis le groupe en concert à Fourvière en première partie de je-ne-sais-plus-qui. J’appris par la suite que Balmino était de Lyon, mais ce n’est qu’en faisant une brève incursion dans le milieu musical de la ville que j’entendis parler de lui. En bien, en mal, comme tous les propos qu’on rapporte sans connaître. J’eus une brève discussion numérique avec lui à propos de Sorj Chalandon, dont il interprète l’adaptation de Mon traître.
J’évoquai des souvenirs passés, là encore, un fait d’armes bien ironique quand on y repense : un jour j’ai rendu jaloux cet auteur que tout le monde adore, c’est drôle. Mais ça n’est pas le sujet. Je ne suis pas dans la connivence, ni dans le copinage, je l’ai souvent dit. Mais j’ai subodoré, en lisant qu’il préparait un enregistrement public des chansons qu’il livre à peu près tous les jours dans les bars de la Croix-Rousse, qu’il y avait intérêt à participer à ce projet en versant mon obole : c’est marrant, aussi, ce crowdfunding: on y voit un peu de tout, des gens qui jouent de leur réseau, qui confortent leur narcissisme, s’apprêtant à des projets évitables : je le sais, j’en ai fait. Mais il y a ces artistes envers qui on ne transige pas, parce qu’ils sont essentiels et que sans aide, on les perdra. Et en les perdant, on se perd nous-mêmes: ils sont notre écosystème. Mais, de fait, outre une chanson d’il y a vingt ans ou plus, je ne connaissais pas le répertoire de Balmino avant de recevoir, dans mon exil, son « contresens », à la sublime pochette de l’artiste dans la Cour des Voraces. Le lieu de naissance de mes parents, le point de départ de « Tébessa, 1956 » pour ceux qui ne m’ont pas oublié. Je regarde les titres des chansons, souris en lisant que lui aussi a son « Camarade ». Je sais, sans le connaître, qu’il a perdu un ami en la personne de Matthieu Côte, je me dis qu’un jour, je parlerai à Balmino de Fred Vanneyre et de ses chansons. La liste des titres corrobore la vision que j’ai du gaillard : insoumis, anachronique, inadapté. Il y a du bruit, du silence, de la pureté, de l’espoir et sa déception (entre caviar et nouilles au beurre, quoi), des verres partagés, du pavé que l’on bat ou que l’on jette. De la chanson réaliste, engagée et désabusée à la fois, un univers populaire au sens propre, un truc de cantine et de potes où traineraient, au hasard, Mano Solo, Dimey, Leprest et les autres… Lhasa, dont il reprend "la marée haute". La rive gauche, les petits endroits, la chaleur humaine, les écartés, les oubliés: tout ne tient qu’à des riens, dit-il.

L’enregistrement est public, le son retravaillé, les treize chansons s’enchaînent et s’équilibrent, entre le murmure et l’énergie : deux textes m’époustouflent : J’écris et On devient, mais ça ne signifie pas que les autres soient moins bien, hein !" Je ne veux pas qu’on m’aime, je veux qu’on me croit », plaide-t-il, devant l’indifférence et la violence sociale, les couleuvres qu'on avale, devant les petites misères humaines, aussi. Sa volonté de puissance, Balmino la tire de l’énergie que lui renvoie la scène, qui remet la tête à l’endroit, qui - je l’écrivais pour Fergessen - fait de vous des surhommes et vous régurgite en mortels. Rendu(e) au vent, « à la beauté des rêves » puisque signe lui est fait à la toute fin du livret. J’imagine que le « Contresens » évoqué est une (belle) antiphrase ("Je ne vais dans le sens que veut la Terre"), parce que la seule voie à suivre, dans la vie, c’est celle de l’émotion, de l’intensité, quitte, souvent, à en payer le prix fort. Mais tant que des petites perles comme celle-ci ponctueront le chemin, il y aura des raisons d’espérer, encore, de retrouver le courage et l'envie. Demain, la terre tournera encore, mais mieux. »

Par Laurent Cachard

Musique

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