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Athamra : l'album de Lamia Bedioui

Lamia Bedioui est une chanteuse tunisienne qui vit en Grèce depuis 1992. Elle a étudié la musique et le chant au Conservatoire de Tunis et au Conservatoire National d'Athènes. Elle a également assisté à de nombreux ateliers de mouvement corporel, de formation vocale et de théâtre.

Lamia Bedioui

De 2002 à 2010, elle a participé au Vocal Arts Workshop avec le baryton grec Spyros Sakkas.

En 2012, elle est diplômée de l'école d'histoire d'Athènes (Centre d'études de mythes et de contes de fées). Elle est membre fondatrice de la Maison de la tradition orale "Mythologio".

Sa carrière professionnelle dans le chant a commencé en 1995. Son répertoire inclut principalement la musique et les chansons traditionnelles.

Des pays autour de la Méditerranée ainsi que des compositions vocales contemporaines. Elle a collaboré avec de nombreux chanteurs grecs et internationaux, des musiciens et des interprètes des scènes de musique ethnique et jazz telles que Savina Yiannatou, Jon Balke, Wouter Vandenabeele, El jazzeera, Orchestre Estudiantina, Nikos Kipourgos...

Interview

Comment décririez-vous votre musique ?
Mon travail se base sur le  répertoire traditionnel. Les chants traditionnels m’ont toujours intéressés dans la mesure où c'est un répertoire qui touche à l'expérience vécue de l’homme en général. En effet, le chant traditionnel a toujours été lié au quotidien, aux cérémonies rituelles et aux événements de l’homme et à ses besoins les plus profonds. C’est pour cela qu’on trouve des chants de lamentation, des chants de mariage, des chants de travail, des chants historiques, des romances, des berceuses… Ce sont des chants qui expriment toute la condition humaine. Deuxièmement, étant moi même tunisienne vivant en Grèce, je me considère comme une citoyenne du monde dans la mesure où tout en entretenant la conscience de mes propres racines, je suis ouverte à d’autres cultures. Dans ce sens là, ma musique s’inscrit dans un certain dialogue des cultures. J’aborde ce répertoire selon ma propre perception esthétique, perception qui est en perpétuel façonnement.

Pouvez-vous nous parler de votre album Athamra ? Quelles ont été vos inspirations pour cet album ?
L’album Athamra est un voyage musical autour des pays de la Méditerranée (Tunisie, Algérie, Maroc, Grèce, Italie, France…). Ce que reflète le choix des instruments (luth, guitare, lyre crétoise, qanun, mandoline…). Outre ces chansons, il y a aussi deux  nouvelles compositions avec lesquelles le disque commence et finit. Un élément important a inspiré mon travail, c’est l’élément du conte et de la narration. Très souvent, les chansons traditionnelles racontent des histoires. Donc j’ai porté mon attention sur ces histoires et à partir des chansons retenues pour l’album, j’ai choisis quelques mots qui ont éveillé mon intérêt. Je cite en exemple pantoufles de soie, pirates, orange, mer… et avec ces mots j’ai écrit un nouveau conte, le conte d’une princesse Badr El Boudour qui fait un rêve. Pour l’album, j’ai retenu, la partie du rêve et j’en ai fait une nouvelle composition The dream avec narration, percussion et vocalises inspirées, entre autres des mélodies de l’album. C’est à  partir de toute cette démarche qu'est née le titre du disque Athamra. Athamra signifie en arabe “le fruit“. C’est le fruit du rêve de la princesse “Badr El Boudour“ mais c’est aussi le fruit d’un travail, le fruit d’une proposition musicale.

On sent des mélodies grecques dans vos compositions. Quelle est l'importance de continuer cette musique traditionnelle ?
Je pense que la perpétuation d’une tradition musicale est d’une grande importance.  Elle exprime l’identité culturelle d’un peuple et sa continuité culturelle. Elle nourrit la mémoire, maintient un lien entre les générations et est aussi une base et une source d’inspiration pour les musiques actuelles. Cela est bien sûr  le cas pour la musique traditionnelle grecque qui est une musique d’une grande richesse.

Comment avez-vous travaillé la partie instrumentale de vos chansons ?
Je travaille avec les musiciens. C’est un travail de groupe qui se fait par la méthode si on peut dire “essai, erreur“ jusqu’à ce qu’on arrive à  un résultat convainquant. On essaie différents arrangements, d’autant plus que certains musiciens jouent plus d’un instrument. Il y a bien sûr dans ce travail l'élément de l’improvisation.

Vous êtes une artiste à Athènes, comment ressentez-vous les problèmes économiques actuels en Grèce ?
Je veux bien porter un regard optimiste. Au delà de la situation difficile que traverse la Grèce, je pense que c’est une occasion inespérée pour que certaines situations changent pour le meilleur. Très souvent pour survivre, les situations difficiles nous obligent à faire les changements nécessaires.

Il y a quelques mois vous avez donné un concert en France. Quels souvenirs gardez-vous de ce moment ?
Cela a été une bonne expérience. L’endroit était magnifique. Le concert s’est déroulé au Château des Ducs de Bretagne à Nantes. La collaboration avec les organisateurs a été excellente.

Pourront nous vous voir dans d'autres concerts en Europe ?
Pour le moment j’ai, pour l’été, des concerts en Belgique et en Italie. Suivrons d’autres.

Quels vont être vos futurs projets ?
Actuellement, je suis en train de travailler sur la réédition de l’album Fin’Amor et de collecter du matériel pour mon prochain album.

Merci à Lamia Bedioui d'avoir répondu à nos questions !
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Musique interview

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