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Théâtre : Cyrano de Bergerac au Havre

Tragédie ? Comédie ? Tendue entre ces deux possibles, la pièce dont Cyrano est le héros est comme un trait de flamme traversant le ciel théâtral – un coup de foudre. Une grande histoire d'amour, bien sûr !
Dès sa création, l'œuvre est considérée comme un sommet du genre. Rostand écrit un superbe monstre, une chimère : un amant de grand style affublé d'un masque de commedia dell'arte, portant dans ses chromosomes quelques gènes de Matamore, de Quasimodo, d'Alceste et de l'Homme qui rit. Il se bat avec panache et poésie, seul contre tous, et force l'admiration, particulièrement de Roxane, sa cousine, dont il est amoureux. Mais Roxane aime Christian, incarnation de la beauté et de la jeunesse quand Cyrano, est laid…
Depuis toujours Georges Lavaudant est sensible aux identités qui se bâtissent en doutant d'elles-mêmes, poussées en avant par leur fêlure. Cyrano, lui aussi, s'est voulu ce qu'il est, superlativement drôle, incomparablement brave. Toujours en représentation, et aspirant à cet instant d'extase où il pourra se mettre à nu, dire ce qui lui est interdit et découvrir enfin, jetant bas le masque de la laideur, le vrai visage qu'il se rêve.
Pour assumer un nom pareil, il faut un interprète hors normes. Lavaudant a fait appel à Patrick Pineau, qu'il connaît et dirige pratiquement depuis ses débuts dans Féroé la nuit, qui fut de l'aventure de la troupe de l'Odéon et qui poursuit avec autant de bonheur un magnifique parcours de metteur en scène et de chef de troupe.

Le Volcan Le Havre

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