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Spectacle La Bête dans la jungle à Besançon

Une vanité au fusain sur l'inassouvissement et l'attente de l'amour perdu, préfigurant l'oeuvre durassienne.

Dans La Bête dans la jungle, nouvelle tardive d'Henry James, Marguerite Duras s'empare de la puissance énigmatique du maître des ambiguïtés. Un homme et une femme font connaissance. En fait, ils se sont déjà rencontrés, il y a dix ans. Il lui avait alors confié son secret : il est convaincu d'être promis à un sort extraordinaire, peut-être terrible. Une chose l'attend, telle une bête tapie dans la jungle, prête à bondir. La femme devient alors la compagne de cette attente. Ici, un être perclus de vanité s'aveuglera au risque de passer à côté de lui même. La pièce – une petite estampe mystérieuse, renvoyant autant d'ombre que de lumière – est aussi une alerte adressée à chacun: comment ne pas se rendre compte trop tard que l'on a raté l'essentiel, à force d'immobilisme? Le texte – dont Marguerite Duras signe l'adaptation théâtrale française, en 1962 – aborde tous les thèmes à venir de l'auteure de La Maladie de la mort: l'attente vaine, la mort du désir, l'absence d'histoire, la difficulté d'aimer, l'effroi et l'énigme que constitue la femme pour l'homme…

CDN Besançon Besançon

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