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Souvenirs de voyages

La saison de l’Opéra de Dijon passée sur les rails de l’Orient Express se termine avec un dernier tour à travers les principales villes étapes du train mythique, comme autant de souvenirs évanouissant d’un voyage dépaysant et imaginaire. Et quel instrument plus propre à peindre les souvenirs que le piano, recueil des impressions poétiques fidèlement conservées dans les carnets du voyageur ? Sous les doigts de Claire-Marie Le Guay renaissent ainsi le Paris Belle-Époque de Ravel, qui se fait rêveur et enchanteur dans l’évocation des ondines séduisantes, ou la Vienne de Schubert, qui en saisit la sehnsucht si particulière dans ses Impromptus, et de Mozart, qui recueille dans sa Marche Turque les souvenirs musicaux des janissaires assiégeant la ville. Aux sons de la Sonate de Liszt resurgissent les images du Danube séparant majestueusement Buda et Pest, les deux sueurs qui s’observent et se défient tandis que la musique résonne dans les cafés de la ville. Puis les souvenirs se brouillent et se mélangent, sans que le passager sur le chemin du retour ne puisse les démêler. Ces mélodies de Saygun et Erkin sont-elles des réminiscences d’Istanbul ou de Paris, où les deux compositeurs étudièrent et forgèrent leur style ? Est-ce mon esprit qui divague ou leur musique qui conjugue les antipodes ? Déjà le temps remplit son office et fait s’évanouir les heures heureuses passées dans l’ailleurs…

Auditorium Dijon

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