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Opéra Le Barbier de Séville - Rossigny

« Où s’en sont-ils allés, les beaux instants de douceur et de plaisir ? Où sont-ils partis, les serments de cette bouche mensongère ? » Ce passé que pleure la comtesse des Noces de Figaro, quand le comte était encore amoureux et que ses manigances de séducteur n’avait pas objet une camérière mais la jeune fille qu’elle était, c’est dans Le Barbier de Séville qu’on le trouve. La future comtesse, prisonnière de son tuteur Bartolo — qui s’efforce d’en éloigner les prétendants dans l’espoir de l’épouser lui-même — succombe en effet aux charmes de celui qui met tout en œuvre, avec l’aide de son rusé et débrouillard valet Figaro, pour l’enlever et la conquérir au nez et à la barbe du vieux docteur. C’est un cas unique dans l’histoire de l’opéra que de voir deux pièces de théâtre du même auteur et racontant une histoire dans sa continuité mises en musique par deux compositeurs différents à 30 ans d’écart. Mais si l’opéra de Mozart tend vers la comédie de caractères, c’est au genre bouffe dans toute son hilarité que sacrifie Rossini avec ce chef-d’œuvre écrit en trois semaines (certaines sources donnent même le chiffre incroyable de neuf jours !) qui enchaîne tube sur tube et où l’orchestre rivalise d’entrain et de virtuosité avec les chanteurs. Dans cette production créée à Lille en mai 2013 et saluée par la critique, Jean-François Sivadier donne libre cours à ses deux passions, l’opéra italien et Beaumarchais, et nous montre une face moins connue de son talent : l’humour déjanté et la verve survoltée. Confié à l’idiomatique chef d’orchestre italien Antonino Fogliani, la partition virevoltante et giratoire de Rossini se trouve servie par une distribution alléchante en diable, où l’on découvre le Figaro d’Armendo Noguera (le Sharpless de Madama Butterfly en 2010).

Auditorium Dijon

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