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Louison - Théâtre du Roi René

Découvrez le spectacle de Louison. C’est une pièce d’Alfred de Musset qui n’a encore jamais été adaptée sur scène.

Fille d’un fermier de province, Louison est engagée par sa marraine, la Maréchale, pour entrer au service du fils de celle-ci, le Duc, en tant que gouvernante. Louison est donc contrainte de laisser derrière elle la campagne de son enfance pour gagner Paris et de quitter ses gros sabots pour enfiler les jolis souliers blancs d’une domestique élégante employée par une grande maison de la capitale.

Louison devient Lisette et reçoit désormais ses directives du Duc et de la Duchesse.

Aucune ombre au tableau ne serait à signaler si le maître de maison, sitôt revenu d’on ne sait trop quelle aventure, n’avait jeté son dévolu sur la jeune servante. En effet, le Duc la courtise, allant même jusqu’à lui offir un brillant d’une valeur inestimable pour gagner ses faveurs.

Flattée, presque séduite, mais effrayée, Louison ne sait comment réagir. C’est alors que surgit Berthaud, l’ami d’enfance de Louison, qui lui déclare sa flamme avec une extravagance inouïe, et lui demande de l’épouser !

Louison (crédit Denis Tribhou)

crédit photo Denis Tribhou

Théâtre

Théâtre du Roi René 12 rue Edouard Lockroy, 75011 Paris France

Prochaines dates

Une pièce d’Alfred de Musset Mise en scène par Pauline Boccara
Avec Odile Blanchet Bérénice Boccara Antonin de Laurens Victor O’Byrne (alternance) Patricia Perrault Antoine Richard (alternance)
Création lumières : Raphaël Bertomeu Scénographie : Pauline Boccara et Bérénice Boccara
Compagnie : CINQ POISSONS

Note d'intention

En 1847, Madame Allan-Despréaux, ayant découvert Un Caprice , pièce écrite par Musset en 1837, avait obtenu que celle-ci soit montée à la Comédie Française. Ce fut un succès, qui valut à l’auteur d’être courtisé par plusieurs actrices pour qu’il leur écrive des rôles. L’une de ces actrices, Augustine Brohan, qui plaisait particulièrement à Musset, tenait les emplois de soubrette. Ce fut donc pour elle qu’il écrivit Louison. Une brouille étant survenue entre Augustine et Alfred, ce fut une autre comédienne qui créa le rôle : Mademoiselle Anaïs. Contrairement à beaucoup de ses pièces : Les caprices de Marianne (1833), On ne badine pas avec l’amour  (1834), Lorenzaccio (1834), Louison, comédie créée à la Comédie Française en 1849, est donc la première pièce que Musset ait composée spécialement en vue de la représentation depuis l’échec de sa première pièce en 1830. C’est également une de ses rares pièces en alexandrins.

Curieusement, Musset, auteur le plus mis en scène, alors même que la plupart de ses pièces étaient destinées à être lues et non jouées se retrouve au crépuscule de sa vie à produire de nouvelles œuvres dont Louison, cette fois-ci destinées à être jouées et pourtant, il apparaît que Louison sera sa pièce la moins représentée.

Certains la jugent trop classique. Musset conclurait son marivaudage en prônant la fidélité et la nécessité de rester dans son milieu. Il ferait l’apologie d’un amour conjugal heureux basé, pourvu qu’on soit riche, jeune et beau, sur la fidélité réciproque et une jalousie bien tempérée.

Non. Louison est un texte d’une grande beauté littéraire, abordant des thèmes riches et universels. On y retrouve l’élégance de style du poète qui s’exprime ici en vers. C’est une rencontre passionnante entre le romantisme et la justice sociale,  la pureté de la langue et la modernité des corps.

J’y vois le désenchantement d’un séducteur faisant echo à la vie personnelle de l’auteur qui commence à payer le prix de ses frasques passées. Le Duc n’est pas un simple libertin délaissant sa femme aimante pour courtiser la servante. D’apparence confiant et satisfait, il y a chez ce personnage une angoisse sous-jacente liée à son incapacité d’imposer ses désirs à sa femme. La Duchesse, sous ses airs de fragile épouse délaissée, démontre sa supériorité psychologique dans son refus de se plier à la volonté de son mari, ce qui résonne dans les oreilles du Duc comme le rappel incessant de son infériorité. En franchissant la barrière sociale qui le sépare de Louison, le Duc s’enorgueillit de sa magnanimité et pense avoir trouvé un faire-valoir, un être qu’il pourra surclasser physiquement, moralement et intellectuellement dans une démarche bienveillante et paternaliste.

Au-delà de son apparente fraîcheur, la pièce propose une vision forte de la condition de la femme et de leur volonté active d’émancipation. Sous des dehors angéliques, Louison comme la Duchesse tirent les ficelles de petits stratagèmes dont dépendent leur honneur et leur bonheur.
Oui,

Louison est une comédie sentimentale de structure très classique mais Louison met surtout en scène le sentiment d’honneur d’une jeune gouvernante impuissante devant la cour pressante de son maître. C’est la conviction que la morale paysanne est au moins aussi exigeante et respectable que celle des gens ‘‘bien nés’’. En somme, une conscience de classe.

Outre la préoccupation sociale évidente de l’auteur,  Louison est avant tout un marivaudage plein d’humour, une comédie de fantaisie emprunte de nostalgie. Dans son Duc, Musset s’est peint lui-même dans sa double nature de rêveur-amoureux mais aussi de libertin.  Dans sa Duchesse, « l’amoureuse », il peint  les femmes qu’il connut et dont il rêvait. Et dans Berthaud  « le grotesque »,  il révèle son amour de la gaieté et de la caricature.

Dans tous les personnages, c’est le poète lui-même qui nous parle :
« Sachez-le, c’est le coeur qui parle et qui soupire. Lorsque la main écrit c’est le coeur qui se fond; C’est le coeur qui s’étend, se découvre et respire, Comme un gai pèlerin sur le sommet d’un mont ».
Une spectatrice en 1848 écrivit à Musset : "Monsieur, je ne puis résister au désir de vous dire que vous venez de faire un petit chef-d’œuvre. Votre Louison est admirable de grâce et de vérité, de finesse et de sensibilité. Vous pensez et sentez comme Shakespeare et parlez comme Marivaux. C’est un étrange amalgame dont l’effet est très saisissant."

Pauline Boccara - metteur en scène

Pauline est titulaire d’une maîtrise de droit privé qu’elle a obtenue à l’université PARIS X Nanterre. Elle intègre par la suite l’école de cinéma EICAR, filière réalisation, dont elle sort Major de promotion en 2007. Elle y réalise deux courts-métrages et recoit le Grand prix deux années de suite des mains de Coline Serreau et Jean-Jacques Beineix.
Elle écrit et réalise deux autres courts-métrages : Lamb to the slaughter et Suite logique, sélectionnés dans de nombreux festivals, et pour lesquels elle est sollicitée par France 3 qui souhaite acquérir ces deux courts-métrages pour le programme Libre court.
Pauline a également travaillé pendant 2 ans dans le casting pour le cinéma et la télévision aux côtés de Fabienne Bichet. Elle a notamment collaboré avec Patrice Leconte, Thierry Binisti et Stephane Kappès. Puis elle entame diverses collaborations avec Babe Films, UGC Image et Gaumont pour l’écriture et la réalisation de longs-métrages de comédie.

Biographies comédiens

BERENICE BOCCARA / Louison

Bérénice intègre l’ESAG Penninghen en 2010 et s’initie à la scénographie grâce aux cours de Stéphanie Jarre. Pendant ces cinq années, Bérénice  concilie ses études artistiques avec sa passion pour l’interprétation  en suivant les cours de Caroline Darnay au cours Cochet-Delavène. Son diplôme obtenu en 2015, elle décide de se consacrer à l’interprétation en rejoignant le Cours Le Foyer, dirigé par Arnaud Denis, Jean-Laurent Silvi et Axel Blind.
Bérénice signe également la scénographie de LOUISON aux côtés de la metteur en scène.

PATRICIA PERRAULT / La Maréchale

Élève d’ Elisabeth Capdeville aux cours Jean Laurent Cochet et d’Arnaud Denis, d’Axel Blind et de Jean-Laurent Silvi au Cours Le Foyer, Patricia Perrault a interprété de nombreux rôles au théâtre parmi lesquels Lioubov Andreevna dans La Cerisaie (mis en scène par Patrice Ponsot au théâtre de l’ASIEM), Lucette dans Un fil à la patte (mis en scène par Marie France Maurice à la comédie Saint Michel) ou bien encore Madame AIgreville dans Tailleur pour Dames (mis en scène par Laurent Ferraro au Ciné 13 Théâtre) Elle suit également des cours de chant avec Martine Surais et chante, dans le chœur, dans le Dialogue des Carmélites  (mis en scène par Martine Surais) et dans le Stabat Mater de Pergolese.

ANTONIN DE LAURENS / Berthaud

Après avoir suivi des cours hebdomadaires au cours Simon dès le lycée et un bref passage au cours Périmony,  Antonin rejoint le Foyer.  Il y travaille aussi bien du théâtre classique que du théâtre contemporain allant de Richard III à Lenny ( Des Souris et des Hommes ) et en passant pas Néron. Lors de différentes masterclass, il a la chance d’être dirigé par Beatrice Agenin dans Ruy Blas et Alexis Michalik dans Romeo et Juliette.
On l’a vu notamment dans Les Estivants de Maxime Gorki  qui s’est joué à l’Espace 167 à Neuilly sur Seine du 5 au 9 décembre 2017.

ANTOINE RICHARD / Le Duc (alternance)

Après un doctorat en Biochimie obtenu en Angleterre à l’Université de Cambridge, Antoine décide de se consacrer entièrement à sa passion, le théâtre. A son retour en France il décide donc d’intégrer le Cours JeanLaurent Cochet à Paris. Il poursuit ensuite sa formation au Foyer dirigé par Jean-Laurent Silvi, Arnaud Denis et Axel Blind au cours de laquelle il aura la chance de jouer avec un de ses professeurs, Axel Blind, dans la pièce Fric-Frac, mise en scène par Tiphaine Lopez.
En 2016, il intègre la compagnie des Mauvais Élèves pour leur nouvelle création Les Amoureux de Shakespeare (mise en scène par Shirley et Dino) qui rencontre un très large succès au FESTIVAL d’Avignon OFF et qui est joué au Théâtre de Poche de novembre 2016 à mars 2017. On le verra dès février 2018 sur les planches du Lucernaire, pour la dernière création des Mauvais Élèves : Les Grands Rôles.

ODILE BLANCHET / La Duchesse

Odile démarre sa vie professionnelle en tant que technicienne de laboratoire à l’Aquarium de Québec.  Ayant obtenu un DUT en Biologie Humaine en France, puis un DEC en Biologie Environnementale au Québec, elle tente dans un premier temps de concrétiser ce parcours, mais la passion qui l’habite est plus forte et elle décide de se lancer dans ce qui l’anime vraiment: le théâtre. Elle abandonne tout pour partir à Vancouver, prendre des cours de théâtre au Austin and Tuck Studio , auprès de Deborah Podowski, puis en France auprès de Jean Laurent Cochet, ainsi qu’au sein du Foyer dirigé par Jean-Laurent Silvi, Arnaud Denis et Axel Blind. Depuis 2015 on aura pu la voir dans Les Boulingrin et autres pièces (m.e.s Geoffrey Lopez), American Psycho - No Exit (m.e.s de Stephane Anière) qui s’est joué au Pandora durant le festival d’Avignon en 2016.

VICTOR O’BYRNE / Le Duc (alternance)

Victor s’initie au théâtre pendant son enfance et découvre très tôt qu’il veut en faire son métier. Il s’inscrit à des stages, notamment à la Maison du Geste et de l’Image et à l’atelier Blanche Salant & Paul Weaver. Puis, à l’été 2011, il suit un stage au cours de Jean-Laurent Cochet, ce qui le mène à intégrer le cours du soir et du samedi avant d’intégrer en janvier 2015 le cours du matin (cursus professionnel). Il quitte le cours Cochet en 2017 pour s’inscrire au cours Le Foyer jusqu’en novembre 2018. Au théâtre, on l’aura vu incarner le rôle d’Octave dans Les Fourberies de Scapin , ainsi que le rôle d’Ulysse dans Iphigénie , spectacles mis en scène par Rémi de Monvel et joués au Théâtre du Nord-Ouest. En 2017, il interprète également les rôles de Basques et Du Bois dans Le Misanthrope au Ciné XIII Théâtre (mes. André Oumansky).

Scénographie et costumes

L’espace de jeu de Louison est un lieu de passage à travers lequel les différents personnages entrent et sortent librement. Ce n’est pas une reconstitution réaliste d’un salon ou d’une antichambre, c’est un lieu abstrait qui reste le même pour toutes les scènes, ce qui ne nécessite pas de changement de décor. L’aspect épuré de la scénographie permet de libérer un maximum d’espace de jeu et de moderniser au mieux la mise en scène.
La modernité souhaitée se manifeste autant dans l’aspect visuel du décor que dans le mode de narration. Le parti pris est de créer un plateau graphique, fort en couleur et en contraste. L’espace est très féminin. En effet, la pièce est rythmée par les différents essayages de robes de la Duchesse qui se prépare à se rendre au bal. Le rose est omniprésent et crée une lumière de boudoir ou d’appartement de femme. Le meuble central est, quant à lui, une réinterprétation de la méridienne, meuble féminin par excellence.

Les costumes, en lien avec la proposition scénographique, sont modernes et épurés. Écartant volontairement l’idée de costumes anciens, nous avons privilégié des costumes plus contemporains, plus légers permettant aux comédiens une liberté de mouvement nécessaire à l’interprétation parfois débridée du vaudeville.
Prenant comme base de travail les années 60 et la symbolique de liberté qui s’y rattache, les costumes rappellent  ce passé par certains détails mais s’inscrivent globalement dans une démarche de création plus intemporelle comme pour faire écho aux valeurs universelles véhiculées par la pièce.  Les costumes sont des marqueurs forts des personnalités de chacun et permettent de créer des antagonismes  visibles entre les personnages. Aussi Louison porte une jupe au dessus du genou, petit détail transgressif d’une morale et d’une société dont la Duchesse se trouve prisonnière. Berthaud, quant à lui, se voit affublé de multiples accessoires et couleurs qui, le croit-il, aideront à activer l’ascenseur social. À l’inverse le Duc revêt un ensemble sobre que sa seule noblesse suffit à rendre élégant.

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