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Héroïque

Symphonie héroïque, composée pour célébrer le souvenir d’un grand homme : c’est le titre définitif que Beethoven donnera à sa Troisième Symphonie. Le grand homme en question, c’est le général Bonaparte, qui vient de disparaître en devenant Napoléon 1er, foulant aux pieds les idéaux révolutionnaires et républicains qu’il avait incarnés pour les libéraux européens de l’époque. Le compositeur, en apprenant la nouvelle du couronnement, rayera avec une telle rage le sous-titre « Bonaparte » de son manuscrit que le papier en fut déchiré. « Maintenant, il va devenir un tyran » se serait-il exclamé. Plus symbolique encore, il changea le titre du second mouvement : la Marche triomphale devint une Marche funèbre. Au-delà de l’anecdote, il s’agit bel et bien d’une symphonie révolutionnaire. Il y a, dans l’art symphonique, un avant et un après la Troisième. Par ses proportions — presque cinquante minutes, du jamais vu a l’époque —, par sa nouveauté formelle, et plus encore par l’affirmation radicale de la subjectivité qu’elle représente — qui fait écho à la formule napoléonienne : « Je suis ce que je suis ! » —, elle ouvre une ère nouvelle et fait entrer l’arbitraire individuel du génie dans l’art. Elle est ici accompagnée de l’ouverture Egmont, concentré dramatique qui emporte tout sur son passage, et d’un trop méconnu Concerto pour clarinette de Weber, digne pendant de celui de Mozart, qui nous permettra de retrouver Lisa Shklyaver, découverte la saison dernière dans des pièces françaises.

Auditorium Dijon

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