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Exposition 96 month de Julien Mignot

96 months
Julien Mignot

Collaboration artistique exceptionnelle de Jeanne Added & Jeanne Balibar
Exposition à La Galerie Intervalle du 10 novembre 2017 au 10 février 2018

Vernissage le 7 décembre 2017 de 18h à 21h.

96 month exposition de Julien Mignot

Julien Mignot

Artiste autodidacte et collectionneur, il est l’un des portraitistes les plus demandés par les univers de la mode et de la musique. Ses images sont régulièrement publiées dans les plus grands magazines français et étrangers. Il a aussi créé le studio J’adore ce que vous faites !

La série 96 months

C’est une quête réalisée entre 2008 et 2016. Chaque mois pendant 96 mois, Julien Mignot a sélectionné une image de ses errances photographiques, puzzle intime dont la dernière « pièce » a été prise juste avant qu’il ne découvre la véritable identité de cet être cher soudainement disparu huit ans auparavant.

Scénographie de l’exposition

La série 96 months est visible en 40 tirages Fresson et barytés encadrés, mais aussi dans une œuvre unique à l'aide d'une table lumineuse qui reprend l'ensemble des 96 diapositives (5cm x 5cm chacune) montées sous verre musée dans un cadre en chêne (42 cm x 62 cm).

Une œuvre sonore éditée par Jeanne Added pour la série 96 months et accompagné du texte lu par Jeanne Balibar via un carrousel de diapositives qui projette les images au sous-sol.  

Exposition

Galerie intervalle 12, rue Jouye-Rouve, 75020 Paris France

A propos de l’exposition 96 month de Julien Mignot

Julien Mignot (1981), artiste autodidacte, collectionneur et passionné de musique, oscille la nuit entre le club Le Silencio et la Philarmonie de Paris. Le jour, on le retrouve dans les coulisses de défilés. Portraitiste pour la musique et le cinéma, il est régulièrement publié dans les magazines français et étrangers.
Entre 2009 et 2016, chaque mois pendant huit ans, Julien Mignot a volé des images au temps qui passe en sélectionnant dans son journal une photographie, un texte et un morceau de l’immense discographie qui a rythmé la période.

La série 96 months forme un puzzle intime de photographies argentiques.
Tirages « Fresson » et pigmentaires.
Texte lu par Jeanne Balibar.
Playlist ordonnée par Jeanne Added.
Mixage par Olivier Lasson.
Cadre lumineux et réglette lumineuse réalisés par Ava du Parc.

Texte de présentation par Léa Chauvel Lévy, critique d’art et directrice artistique

« Vermeer peint vers 1668 Le Géographe. Julien Mignot ne ressemble aucunement au sujet du tableau, un homme attablé à sa table de travail, décati et gagné par le temps, mais étonnamment, il m’y a toujours fait penser. J’ai compris plus tard pourquoi. Julien a étudié la géographie avant de découvrir qu’il deviendrait photographe. En réalité, je crois qu’il n’a pas vraiment déserté les territoires de cette discipline. Ces territoires sont devenus sensibles, incarnés mais c’est toujours la terre, ses paysages et les humains qui les arpentent qu’il continue à sonder. La méthode a changé. La tonalité et la musique aussi, mais la partition est toujours la même, où vacillements du monde et ondes sismiques déploient cette fois une carte intime. La sienne, faite de lignes simples, reliées par des points personnels, comme dans ce jeu d’enfant où il faut suivre les numéros qui se succèdent, pour dessiner une forme fragile. Montagnes rougies par le soleil sur le déclin, vallons perdus et coincés dans l’inconnu, chemins vicinaux refroidis par la neige, routes brunes vers l’infini... Le géographe a muté, s’est doté de couleurs et a repeint le monde. Pas d’instant décisif, surtout pas. Mais une narration singulière où se projeter. L’image n’est pas prise dans sa toile, proie d’une araignée qui l’y aurait jeté, au contraire elle vit encore. Regardez les pieds de cette fille endormie, ils vont bouger, elle va se réveiller. Il n’y a aucune concordance des temps à trouver dans cette écriture photographique profondément actuelle. Les images de Julien Mignot « présentent » un monde, plutôt que l’« enregistrement ». Lui rendent sa présence. Ce couple, impudique et heureux continue de s’embrasser devant nous. Comment, alors qu’il fait jour lorsque que je la guette, cette femme de dos, peut-elle scruter le noir de la nuit, cape jetée à l’aveugle sur la campagne ? Rarement, aura-t-on vu autant image en train de se faire. Se tramer sous nos yeux, s’écrire à notre vue. Celle-ci se tisse à mesure que notre regard se pose sur elle et bannit dès lors toute possibilité d’être retenue captive dans le passé. Ni araignée, ni toile, l’image vit encore, chasseuse de mort, créant ex nihilo le cadre toujours vivant de sa vie intérieure. »

Contributions artistiques de Jeanne Added & Jeanne Balibar

Julien Mignot nous en parle :
“ Avec Jeanne Added, nous commencions à collaborer ensemble sur la pochette de son prochain album lorsque 96 months s’est lancé. Jeanne a étudié au CNSM et joué du jazz pendant longtemps avant de se tourner vers la pop, il fallait quelqu’un qui n’avait que l’exigence comme chapelle pour choisir parmi les morceaux très éclectiques que je lui proposais. » 

"Je voulais faire lire me textes par une voix féminine et cinématographique. Jeanne Balibar et moi nous sommes croisés alors que Barbara sortait et que je songeais à enregistrer mes textes. Sa participation m'est apparue comme une évidence et elle a, pour mon plus grand plaisir, accepté tout de suite."

Remerciements pour leur précieuse contribution à :

  • Jeanne Balibar (lecture du texte 96 months)
  • Jeanne Added (ré-interprétation de la play-list jouée à la galerie)
  • Ava du Parc (conception et réalisation des caissons lumineux)
  • Olivier Lasson (enregistrement et production sonore)

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